Malveillance (2012)

Synopsis
Critique
Fort du succès de la saga [Rec] , Jaume Balagueró nous livre un film beaucoup moins trash avec une intrigue basée sur la paranoïa et beaucoup de suspense avec ce "Malveillance" qui ressemble plus à un thriller qu’à un film d’horreur. L’intrigue peut vaguement ressembler au "locataire" de Polanski avec un voisin à l’esprit dérangé qui s’insinue dans l’intimité d’une femme et qui la drogue pour abuser d’elle et la manipuler.
Luis Tosar incarne César, un acteur qui a une filmographie essentiellement espagnole mis à part le rôle furtif de bad guy dans Miami Vice de M. Mann. Acteur de talent ici, et on peut dire qu’il a la gueule de l’emploi avec une allure très sombre et inquiétante.
César est un personnage très déprimé qui souffre de sa solitude extrême et du fait qu’il est quasi transparent envers les locataires de son immeuble qui lui disent à peine bonjour et ne lui parlent que pour lui demander un service, il n’a aucune considération ni reconnaissance et il rejette les rares personnes qui "le captent" ou il aime à les faire souffrir. Un être assez dérangé donc qui est à la fois à la recherche du bonheur de vivre et son bonheur à lui est de rendre les gens malheureux c’est pourquoi il va s’en prendre à Clara (Marta Etura ) qui malgré les ennuis est une éternelle optimiste et croque la vie à pleine dents.
Marta Etura est l’opposé de César. Attirante, jeune et vivant au jour le jour sans arrière pensées, pleine de vie.

Le film vous plonge dans une atmosphère très pesante et malsaine avec un regard inhabituel car d’habitude on se place du coté de la victime mais ici, on se situe aux cotés du détraqué et on assiste à tous ses rituels et préparatifs de tordu ainsi qu’à ses méfaits comme si on était aux 1eres loges.
Toute l’action se passe dans un immeuble ancien art déco (comme dans REC) avec une gestion à l’ancienne avec un gardien qui est une vraie fouine et se charge de dépanner les gens comme homme à tout faire, de l’entretien ou de rendre de menus service. Mais, cet immeuble ancien aurait pu cacher de vilains secrets mais ici, il ne sert qu’à créer une ambiance vieillotte.
L’intrigue en elle-même n’a rien d’extraordinaire et c’est du déjà vu , même si le réalisateur va assez loin dans les choses malsaines que Cesar fait subir à Clara à son insu. Film qui joue à fond le suspense et la tension paranoïaque et pour le coup, le film est assez contemplatif aux cotés de Cesar qui épie ses victimes ou effectue ses petits rituels de préparation à la Dexter. C’est loin d’être un homme brouillon mais au contraire, il soigne chaque détail pour ne jamais se faire prendre, ce qui montre qu’à la base il est très intelligent mais que c’est son passé qui a laissé des traces indélébiles sur son esprit.
C’est à la fois un être réfléchi et manipulateur qui aime se jouer de ses victimes comme des marionnettes et furtivement, en se cachant, en utilisant des petites doses de poison, de façon à que ses actions ne se remarquent pas tout de suite. Mais, il sait aussi agir dans l’urgence et a des pulsions meurtrières qui lui évitent d’être à découvert ce qui mettrait fin à ses actes.
C’est pourquoi le film n’a pas un rythme soutenu mais distille l’action à dose homéopathique pour garder le spectateur en haleine et obtenir une tension crescendo et mettre en scène un être profondément malsain qui se délecte du malheur des autres.

Cesar est un pervers dans toute son ampleur qui fait du mal dans le dos des gens par son coté manipulateur, et posant quelques bombes à retardement, mais en les affrontant aussi : scène plutôt sanglante mais il sait aussi faire le mal par les mots en utilisant des paroles dures (ex avec Mlle Veronica).
Selon moi, l’ambiance ultra pesante est réussie et coté casting il est aussi excellent avec une petite galerie de portraits des locataires qui apportent une touche de fraicheur car si on s’était attaché qu’à la relation malsaine Cesar / Clara, le film aurait vite tourné en rond.
Le réalisateur nous offre un cinéma envoutant de qualité par ses images aux cotés de Cesar malgré un rythme peu soutenu (moi qui aime bien l’action, j’ai trouvé çà un peu mou, un petit montage pour raccourcir certains passages çà m’aurait bien plu) pour un film en huit clos glauque dans le style "Harry, un ami qui vous veut du bien" sauce espagnole.
La fin ne m’a pas trop plu car le mystère est dissipé et explose au visage de Clara, dommage.

Je suis un peu déçue car je pense voir un film d’horreur et ce manque d’action pure et de sang me laisse un peu sur ma faim, même si le film est très honorable et surtout que je ne suis pas très fan du cinéma espagnol.
Publié le 7 janvier 2012, dans Drame, Films 2012, Horreur et tagué Jaume Balagueró, Luis Tosar, malveillance. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.
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